• 01.
    Les contraires
  • 02.
    Mobile Homme
  • 03.
    Je ne sais pas
  • 04.
    Mademoiselle
  • 05.
    Cyclo
  • 06.
    Tout
  • 07.
    Si tu viens
  • 08.
    Temps plus vieux
  • 09.
    20 ans
  • 10.
    Vienne la nuit
  • 11.
    Ou allons-nous ?
01.
Les contraires
  • 01.
  • 02.
  • 03.
  • 04.
  • 05.
  • 06.
  • 07.
  • 08.
  • 09.
  • 10.
  • 11.

Même lit, même quand
Ni l’un et l’autre ne s’entend
Même vent, mêmes envies
Ça ne nous arrive pas souvent
On attend, on s’attend
A vivre la même vie
Et pourtant
Et pourtant seulement
Ce qui nous sépare nous unit
J’adore, tu n’aimes pas
Je sors, tu restes là
J’accours, tu es parti
C’est le jour et la nuit
Je rêve que je m’envole
Tu restes cloué au sol
Ce qui nous unit nous échappe

Le même souffle, même cri
Pourquoi ni l’un et l’autre ne comprend
Tu fais semblant, je fais comme si
Coulait dans nos veines le même sang
Et pourtant, et pourtant
Les combats, les non-dits
On apprend
Et le temps que ça prend
Pour que le noir au blanc se marie
J’adore, tu n’aimes pas
Je sors, tu restes là
J’accours, tu es parti
C’est le jour et la nuit
Tu rêves que tu décolles
Je reste clouée au sol
Ce qui nous unit nous échappe
Nous rattrape
Nous aspire
Nous inspire
Et je garde le sourire
Et tu gardes le silence
Tu crains le pire
Moi j’espère
Les contraires
S’attirent
Que je garde le sourire
Quand tu gardes le silence
Quand tu soupires
Moi j’espère
Que les contraires
S’attirent

Aussi vrai que dehors
Ça court
Ça sort
Ça crie
Ça chante
Déchante
Aussi

Aussi vrai que dehors
Ça flambe
Ça fume
Allume
Ça souffle
Ça souffre
Aussi

Aussi vrai qu’on le dit
Ça trouble
Ça cache
Ça fuit
Ça lâche
C’est lâche
Aussi

Aussi vrai qu’on le dit
L’engin
Est un
OVNI
C’est rien
C’est bien
Aussi

Ca roule avec mon mobile homme
Le corps en fête
La tête en vacances
J’en fais des bornes avec mon mobile homme
Il tient la route
Je tiens la distance

C’est vrai que l’animal
S’emballe
Se cabre
Et nie
J’avale
M’emballe
Aussi

Aussi vrai que cet homme
M’étonne
M’échappe
Souvent
Je prends
M’éprends
De lui

Et ça roule avec mon mobile homme
Le corps en fête
La tête en vacances
J’en fais des bornes avec mon mobile homme
Il tient la route
Je tiens la distance

Et tant que ça roule avec mon mobile homme
Le corps en fête
La tête en vacances
Des kilomètres avec mon mobile homme
Ça tient la route
On tient la distance

Si nos mains se souviennent encore
Qu’elles se sont croisées sur mon corps
Quand elles s’attardent çà et là
Je ne sais pas

Si dans les sourires qu’on se fait
Je vois du bonheur le reflet
C’est toujours là, c’est toujours vrai
Je ne sais pas

Si dans la douceur de ses yeux
Je me retrouve encore un peu
Après nos siècles de combat
Je ne sais pas

Ce qu’il a pu dire de nous
Quand il raccroche tout à coup
Le rouge qui pointe sur ses joues
Je ne sais pas

Ce qu’il a bien pu faire de nous
Quand le rendez-vous s’éternise
Le même rouge sur la chemise
Je ne sais pas

Pourquoi je vois déjà la fin
Quand il me dit que tout va bien
Que c’est pour rire, que c’était rien
Je ne sais pas

Pourquoi en faire tout un secret
Quand on dit qu’on ne l’a pas fait ?
Sait-il combien je le connais ?
Je ne sais pas
Je ne sais pas
Je ne sais pas

Et quand demain c’est sur mon bras
Qu’une autre main s’attardera
Aura t’il peur autant que moi ?
Je ne sais pas

On dit pas « Madame », on dit « Mademoiselle »
C’est comme ça qu’on appelle
Les filles de joie, les enfants, les pucelles
En levant les yeux au ciel
Pas de bague au doigt
Pas plus de plomb dans l’aile
Fuient loin des pays froids
Comme les hirondelles
Pas comme toutes celles
Qui versent tant de larmes
Quand il se fait la belle,
Le prince plein de charme

On dit pas « Madame », on dit « Mademoiselle »
C’est comme ça qu’on appelle
Les vieilles filles, les saintes, les homosexuelles
En levant les yeux au ciel
Mais qu’elles sont belles
Ces femmes qui sont libres
D’aimer tel ou telle
En laissant l’autre libre
De voler quelques heures
Les jolis papillons
Ne vont pas voir ailleurs
Quand on ne les met pas en prison

Laissant à ciel ouvert
Leur chambre et leurs cuisses
Leur âme à découvert
Sans autre artifice
Les Marie-couche-toi-là
Sont si pleines de grâce
Elles effacent toutes celles
A la vertu virtuelle

On dit pas « Madame », on dit « Mademoiselle »
C’est comme ça qu’on appelle
Les danseuses, les poètes, les peintres, les modèles
Je suis un peu comme elles
Pas de bague à mon doigt
De plomb dans la cervelle
Mais si tu veux de moi
J’essaierai d’être celle
Qui fera ton bonheur
Les jolis papillons
Ne cherchent pas ailleurs
Ce qu’ils trouvent à la maison

Je t’ouvre, je claque la porte
Je m’incline et m’emporte
Cyclo
J’ai raison, oui j’ai tort
Tout va bien, je pleure encore
Cyclo
La décadence et la splendeur
Je plonge et je prends de la hauteur
Cyclo

Je brille, toujours en plein soleil
Je suis l’ombre de moi-même
Cyclo
J’ai peur, oui j’avance quand même
Balaie le trouble que je sème
Cyclo
Je suis le chat, je suis perchée
Jamais là où tu vas me chercher
Mais creuse encore, bel animal
Puisque moi-même, j’ai tant de mal
A me trouver

Tout peut encore arriver
Dans un jour, un mois
Nous allons nous retrouver
Dans quel état ?
Tout peut encore changer
Tu ne sais pas
D’où va venir le danger
Quel jour,
Quel moi ?

Sûr qu’en amour, ça change vite
On se heurte, on s’évite
Cyclo
Mais l’un dans l’autre, nous sommes quittes
Lancés à sa poursuite
Aussitôt
Ca freine, ça part au quart de tour,
Dis-moi, dans tout ça, où est l’amour ?
Où est l’amour ?

Tout peut encore arriver
Dans un jour, un mois
Nous allons nous retrouver
Dans quel état ?
Tout peut encore changer
Tu ne sais pas
D’où va venir le danger
Quel jour,
Quel moi ?
Cyclo
Quelle partie de moi tu acceptes
Celle qui te lance, qui t’arrête ?
Cyclo
La boule, la quille, montagnes russes
Corps de fille et phallus
Cyclo
Mais c’est comme ça, c’est ma nature
Je me fais et nous fais la vie dure
Mais tant que ça dure


Sautons du train
Sautons, gentils moutons
Sautons sur l’occasion
C’est les soldes, qu’est-ce qu’on attend ?
Qu’est-ce qu’on attend ?

Sautons les étapes
Haussons le ton
C’est nous les patrons
Pour que ça marche, tout est bon
Oui, tout est bon

On veut tout et tout de suite
Que ça bouille, la marmite
On fait tout, allez, vite
Et qu’ça saute
On veut tout et tout de suite
On s’active, on s’agite
Tout pour garder la frite
Et qu’ça saute
On veut tout et tout de suite
Pas l’alcool, mais la cuite
Pas l’amour, le coït
Et qu’ça saute

Sautons les plombs
Sautons sur tout ce qui bouge
Brûlons les feux rouges
La 3G, la coke avant le briefing
Le speed dating

Zappons nos cœurs
Passons sur le bonheur
La ligne en vainqueurs
Faisons le grand saut
Les grandes personnes
Grands sots que nous sommes

On veut tout et tout de suite
Que ça bouille, la marmite
On fait tout, allez, vite
Et qu’ça saute
On veut tout et tout de suite
On s’active, on s’agite
Tout pour garder la frite
Et qu’ça saute
On veut tout et tout de suite
Pas l’alcool, mais la cuite
Pas l’amour, le coït
Et qu’ça saute
On veut tout et tout de suite
Dis-moi où tu habites,
Le bouchon qui fait pschiiiit..
Et qu’ça saute

On veut tout et tout de suite
Que ça bouille, la marmite
On fait tout, allez, vite
Et qu’ça saute
On veut tout et tout de suite
On s’active, on s’agite
Tout pour garder la frite
Et qu’ça saute
On veut tout et tout de suite
Pas l’alcool, mais la cuite
Pas l’amour, le coït
Et qu’ça saute
On veut tout et tout de suite
Dis-moi où tu habites,
Le bouchon qui fait pschiiiit..
Et qu’ça saute


Oui, c’est un no-man’s-land
Oui, c’est un bout du monde
Il y a des pièges et des remparts
J’ai posé des bombes
Oui, c’est à toi de jouer
Il te faudra chercher
Où sont les brèches dans le mur
Les larmes sous l’armure

Mais si tu viens toujours
Si tu viens toujours
Je laisse la lumière allumée
Laisse l’amour te guider

Oui, c’est une forteresse
Mais tu sais rien ne presse
Il en faut de l’adresse
Pour parvenir
Aux portes du plaisir

Mais si tu viens toujours
Si tu viens toujours
Je laisse la lumière allumée
Laisse l’amour te guider
Si tu tardes à venir
Si tu tardes à venir
Je laisse tes mains se promener
Dans les forêts, les vallées

Vole, envole-toi
Viens te poser là
Près de l’O qui dort
En haut de mes bas
Vole, oui, vole moi
Ce que j’ai caché là
Comme un trésor
En haut de mes bas

Et si tu viens encore
Si tu viens encore
Je laisse la lumière allumée
Ne reste pas dehors
Et si tu pars un jour
Si tu pars un jour
Je ne vais te retenir
Je viendrai à mon tour

Il faut se rendre à l'évidence
L'ange qui sur moi s'est penché
Bientôt va s'en aller
S'en aller

Il m'accorde une dernière danse
Sur ma bouche, un dernier baiser
Avant de me souffler
Me souffler

Le temps est à l'orage
Aux autres, le ciel bleu
Aux autres, le beau mirage
Temps plus vieux

Bientôt, de nos nuages descendus
Nous rirons de nos rêves déçus
Quand il n'y en aura plus
Peine perdue

Bientôt la chute du piédestal
L'égo nous sera bien égal
Bientôt l'humilité
L'humilité

Le temps est à l'orage
Aux autres, le ciel bleu
A d'autres, le beau mirage
Temps plus vieux

Comme ces rides dans le miroir
Nous serons plus beaux dans le noir
Libres, nous pourrons l'être
Sans paraître

Comme elle courte, la vie devant
Nous l'aimerons, si seulement
Nous avions su avant
Oui, avant

Que le temps soit à l'orage
Aux autres, le ciel bleu
Aux autres, le grand voyage
Temps plus vieux

Il faut se rendre à l'évidence
Mon coeur, ce bel aventurier
Bientôt va me lâcher
Me lâcher

Qu'il m'accorde une dernière chance
Sur ta bouche, un dernier baiser
Avant de s'essouffler
S'il pouvait me laisser

Souffler sur les nuages
Que je voie le ciel bleu
Et briller le beau mirage
Encore un peu

Le temps de plier bagage
Adieu, mon ange, adieu
Nous sommes là de passage
Temps plus vieux


D’accord, j’ai menti
J’ai pas l’âge requis
Je sors, tant pis
J’ai 20 ans jusqu’au bout de la nuit
D’accord, j’ai menti
J’ai passé l’âge, et oui
Et alors, tant pis
J’ai 20 ans jusqu’au bout de la nuit
D’accord, j’ai menti
J’suis pas VIP
Je sors, tant pis
J’ai 20 ans jusqu’au bout de la nuit

Et quand le silence est trop lourd
Je prends mes talons hauts et je cours, je cours
Je fuis l’ombre qui me suit
Quand l’étau se resserre, je sors
Changer la poussière en or
Et je danse, je danse
Secoue, secoue le monde qui s’endort

D’accord, tu as menti
J’suis pas l’amour de ta vie
Et alors, tant pis
J’ai 20 ans jusqu’au bout de la nuit
D’accord, j’ai menti
J’ai peur de la mort, moi aussi
Je sors et j’oublie
J’ai 20 ans jusqu’au bout de la nuit
D’accord, j’ai tout faux
Je re-fume, je bois trop
Je sors, tant pis
J’ai 20 ans jusqu’au bout de la nuit

Et quand ton silence est trop lourd
Je prends mes talons hauts et je cours, je cours
Je fuis l’ombre qui me suit
Et quand ma gorge se serre, je sors
Changer la poussière en or
Et je danse, je danse
Secoue, secoue le monde qui s’endort

Et quand j’aurai 70 ans
Je serai plus légère que maintenant
Je sais, je sens
Je mettrai mes talons hauts tout le temps
Ca va pas plaire à Cendrillon
Si je me change en potiron
C’est comme ça
Je serai toujours là quand minuit sonnera

D’accord
J’ai passé l’âge
Je sors
Tant pis
J’ai 20 ans jusqu’au bout de la nuit



OK
Ca commence
Au réveil,
Ca va, je me dis,
C’est parti
Avec un peu de chance.
Mais c’est là,
Déjà,
Ça me lance
Cette voix qui m’appelle
Me trouble, m’ensorcelle
Oui, je te trompe avec elle

Vienne la nuit
Vienne la nuit blanche
Dieu que je l’aime
Dieu que je l’aime
Mon insomnie
Mon cri dans le silence
Dieu que je l’aime
L’ombre de moi-même

Dès lors,
A chaque fois, quand je pars
C’est pour épouser le noir
Faut pas croire, tu sais
Faut pas croire
Tu es ma faiblesse
Et je ris de me voir si belle dans ton miroir
Tu devrais le savoir
Rien ne peut m’émouvoir
Autant que la force du désespoir

Vienne la nuit
Vienne la nuit blanche
Dieu que je l’aime
Dieu que je l’aime
Mon insomnie
Mon cri dans le silence
Dieu que je l’aime
L’ombre de moi-même

Aussi vrai que lorsque je danse
C’est pour mieux tromper l’ennemi
L’ennemi, c’est tout le mal que je pense
De moi, tout le mal que je me fais

Oui mais la nuit
Oui mais la nuit blanche
Dieu que je l’aime
Dieu que je l’aime
A la folie
Cette vie à contre-sens
Celle que je mène
A l’ombre de moi-même

Vienne la nuit blanche

Dieu que je l’aime
L’ombre de moi-même


Où allons-nous ?
Dis-le moi
Où allons-nous ?
Accrochés à la paroi
Grimpés sur nos échelles
Est-ce qu’elle vraiment plus belle
Cette vie que l’on passe
Sur la glace ?

Frôler le ciel
Ce serait la bonne route
Ce serait l’essentiel
Frôler le ciel
Se hisser au sommet coûte que coûte
Laissons planer le doute

Que faire de nous
Une fois tout là-haut
Que dire de nous
Qu’avons-nous fait de si beau
Juste planter le drapeau
Pour redescendre aussitôt
Si c’est ça la gloire
De pouvoir

Frôler le ciel
Ce serait la bonne route
Ce serait l’essentiel
Frôler le ciel
Se hisser au sommet coûte que coûte
Mouvement perpétuel
Frôler le ciel
Est-on sûr que c’est la bonne route
Celle de la neige éternelle

Tant que c’est la vie qu’il nous en coûte
Laissons planer le doute

Dis-le moi
Où allons-nous ?

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Biographie

 

« On peut se dire que l’album est écrit alors que le soleil est couché. Mais moi, je dis qu’il est écrit avant que le soleil se lève. »

Pour son 8ème album, Cyclo, Zazie est allée chercher loin en elle-même, c’est-à-dire aussi en nous. Elle parle de l’âge, du temps qui passe, des sentiments pas trop jolis que nous portons tous, des embarras de la liberté, des barbelés qui enserrent nos cœurs, de notre obsession de l’accomplissement personnel total…

Ce ne pouvait être un album de chansons « normales ». On y entend des mélodies hypnotiques, des buissons de sons drus, de soudaines plages de paix, des tourneries étourdissantes, des mots inattendus qui frappent droit au cœur.

Un album expérimental ? Au contraire, Cyclo est peut-être le plus naturel et le plus physique des albums de Zazie. Les rythmiques épousent les emballements du cœur et les engourdissements de la mélancolie, la tachycardie de la fête et les frissons de l’aube… Des chansons comme Si tu viens ou Cyclo prennent leur source dans un chant gracile et presque nu avant de lentement prendre leur envol pour devenir des orages zébrés de beats furieux. Tout ou Vingt ans inventent une électro à texte qui va très loin dans l’introspection et dans l’abandon…

Le son est foisonnant, plus soucieux d’émotion que d’orthodoxie électro, pop ou chanson française. Les formes que prennent les titres de Cyclo sont inattendues, parfois franchement dépaysantes. Mais il fallait à Zazie un véhicule nouveau pour partir arpenter les contrées cachées de l’autre côté du miroir. Après les humeurs solaires et le foisonnement de Za7ie, c’était presque logique : « Après la tournée, je me suis enfermée toute seule pour savoir où j’en étais. Après avoir fait 112703 chansons sur un album, j’avais besoin de savoir ce qui se passait si j’en faisais dix. J’avais envie de dire exactement ce que je voulais dire, en toute liberté. »

Une seule obsession : le vrai. Car Zazie décide d’être totalement honnête – « Ce n’est pas grave, ça n’engage que moi. » Écriture solitaire, puis enregistrement avec Olivier Coursier d’AaRON. Ils s’étaient rencontrés sur un duo de Za7ie et, ensemble, ils mettent en forme les onze chansons de Cyclo. « Nous sommes assez complémentaires. Avec son côté analytique, il va toujours chercher le petit truc que personne n’entendra et qui, on ne sait pas trop pourquoi, sera un vecteur d’émotion. Comme pour un premier album, nous avions travaillé sur la musique et non sur l’appareil tout autour de la musique. »

Tout l’album s’est donc fait à deux dans le minuscule studio d’Olivier Coursier. Sauf les voix. « Je pense que c’est par pudeur, parce que j’avais envie de chercher, de trifouiller, de changer, d’être au plus proche de ce que je voulais dire. Alors j’ai enregistré mes voix avec Philippe Paradis, qui est la personne qui me connait le mieux au monde. » Voilà pourquoi on n’a jamais eu la sensation d’entendre Zazie d’aussi près. Sa voix trouve des plis, des raucités, des émotions qui saisissent.

Ce n’est pas seulement une quête musicale qui a conduit Olivier Coursier et Zazie à faire passer des claviers par des pédales d’effet conçus pour la guitare ou le chant, à parfois durcir le son ou à laisser la musique tourner seule, sans les mots… « Ce n’est pas une complaisance. Ce métier nous oblige à beaucoup d’actions très éclatantes – être à la télé, bien habillé et très bien éclairé. J’ai voulu aller dans l’aspérité, dans le sombre, dans une espèce d’hyper-conscience, d’hyper-fleur de peau qui est le contraire de l’endormissement. Aujourd’hui, nous avons tous tendance à considérer ce qui est inconnu, y compris en nous-mêmes, comme quelque chose de nuisible, toxique, dangereux. Alors j’ai commencé par explorer cet endroit-là, ce qui peut sembler un peu austère… »

À quarante-huit ans, Zazie prend sciemment le contrepied de tout ce à quoi nous sommes formatés aujourd’hui. « L’album s’appelle Cyclo parce que le monde est dangereusement cyclothymique. Je vois beaucoup de gens qui n’ont aucune raison d’être ni dans un enthousiasme forcené, ni dans une dépression aussi profonde. Faut-il qu’on soit élastiques entre ces moments de jovialité exacerbée et ces down vertigineux... »

De chanson en chanson, Zazie s’aventure là où nous n’osons pas toujours regarder. Temps plus vieux parle d’être moins jeune et moins beau, Où allons-nous ? questionne notre obsession de la réussite, Je ne sais pas dissèque la jalousie, Les Contraires fait le compte des malentendus dans un couple, Tout dépeint notre course vers une satiété vaine et destructrice, Vienne la nuit visite l’insomnie et ses sortilèges… « Cet album est le pendant des moments passés à jouer les héros sur scène ou à la télévision. Le vrai travail de cet album consiste à revoir la copie, à réévaluer ce à quoi nous sommes programmés. Par exemple, réaliser que le véritable amour n’est pas l’attachement mais le détachement… »

Zazie se délecte déjà de tourner avec cet album. « Ce sera drôle de les chanter avec Un point c’est toi et d’autres chansons très légères et solaires. Il n’est pas question de me dédire : je veux leur garder cette fraicheur en les adultant un peu. »

Adulter… Une fois de plus, Zazie invente un verbe. Un verbe sincère qui résume l’album Cyclo. Une fois de plus, en racontant cette femme-là, elle nous interpelle, nous dévoile, nous éclaire. Nous console.

 

 

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